Fuites de gaz Manoir d’Anjou

Conseil communal du 15 mars 2012

Interpellation sur l’explosion dans une maison avenue Manoir d’Anjou
à la suite d’une fuite de gaz le 16 février 2012

Publié le jeudi 15 mars 2012
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Les faits sont connus de tous. Le 16 février dernier, vers 21 h, une explosion due à une fuite de gaz a dévasté le rez-de-chaussée d’une maison située au n° 42 avenue Manoir d’Anjou. Ce n’est que grâce à la vigilance d’une habitante de l’avenue, qui, ayant décelé une odeur de gaz, a averti SIBELGA, aux alentours de 18.30 h, qu’une catastrophe a, sans doute, pu être évitée et que les riverains ont pu être évacués à temps. Une famille de 4 personnes, celle de la maison sinistrée, n’a, cependant, pas pu réintégrer son domicile. L’intervention des services compétents (commune, police, pompiers, SIBELGA, Croix-Rouge, etc.) et la mise en place du Plan catastrophe n’est pas en cause.

Par contre, les explications sur les causes de l’explosion fournies par les autorités communales et SIBELGA laissent pantois, font froid dans le dos et posent de nombreuses questions. En effet, selon ces autorités et l’intercommunale, l’explosion serait due au gel, au sous-sol sablonneux (remblais meubles), à un affaissement subséquent du terrain et à la porosité des canalisations d’égouts, le gaz s’étant infiltré par ces égouts via les sterfputs dans diverses habitations, provoquant une explosion et des dégâts dans l’une d’elles. Bref, ce serait la faute à la malchance, M. Météo, Mme Nature et HYDROBRU. SIBELGA dit "c’est pas moi ou pas à cause de moi" et la commune reproduit, servilement, parfois textuellement, l’exposé de l’intercommunale pour décliner la moindre responsabilité et éviter tout débat de fond.

ECOLO ne peut pas s’en satisfaire, d’autant plus que 3 jours auparavant,
le 13 février, une fuite de gaz d’un gazoduc de FLUXYS provoquait l’évacuation de centaines de personnes au Woluwe Shopping Center.

ECOLO souhaite, par conséquent, poser les questions suivantes au Collège des Bourgmestre et Echevins.

Le Collège ne s’inquiète-t-il pas que deux importantes fuites de gaz, deux évacuations et une explosion aient pu se produire à 3 jours d’intervalle sur le territoire de la commune ou dans le voisinage immédiat de celle-ci ?
Le Collège pourrait-il nous confirmer que s’il y a eu une fuite de gaz avenue Manoir d’Anjou, ce n’était pas l’œuvre du Saint-Esprit, mais bien la conséquence d’une fuite d’une conduite de gaz moyenne pression de SIBELGA et que sans cette fuite de gaz il n’y aurait jamais eu la moindre explosion dans une maison ou nécessité d’évacuation des riverains ?

Le Collège pourrait-il nous dire s’il trouve satisfaisantes les déclarations de SIBELGA, selon lesquelles sa responsabilité ne peut pas être mise en cause, eu égard, notamment, au fait que la conduite de gaz posée en 1963 était en acier, qu’aucune fuite, fissure ou cassure n’avait pu être constatée jusqu’au moment des faits et que ce sont des circonstances externes (gel, sous-sol sablonneux, affaissement subséquent du terrain et porosité des canalisations d’égouts) qui ont provoqué l’explosion ?

Le Collège n’estime-t-il pas que lorsqu’on construit, entretient et rénove des conduites de gaz, en Belgique et à Bruxelles, le citoyen lambda et, en l’espèce, tout habitant de Woluwe-Saint-Pierre, peut raisonnablement espérer, que les ingénieurs aient dûment intégré dans leurs calculs de résistance le fait qu’il puisse geler, l’environnement sablonneux et les risques d’affaissement qui en découlent, et que ces contraintes n’ont rien de "particulier" ni d’"inhabituel" en Région bruxelloise, ce qui signifie, en outre, qu’on est très loin de l’impossible prise en compte d’un "risque zéro" ?

Le Collège peut-il également se contenter de répercuter que le réseau de moyenne pression installé sur les lieux de l’accident n’est "ni plus vieux, ni plus vétuste, ni moins bien entretenu que ceux d’Anvers ou de Liège, de Paris ou d’Amsterdam" ou que SIBELGA effectue une détection des fuites de gaz tous les 18 à 20 mois, alors que la loi ne l’impose que tous les 3 ans ?

Le Collège ne pense-t-il pas qu’il est un peu facile de cibler la porosité des canalisations d’égouts d’HYDROBRU, comme une des causes principales de l’explosion, alors que l’on peut, à nouveau raisonnablement, espérer que les différents impétrants (SIBELGA, HYDROBRU, etc.) se concertent et construisent ou adaptent leurs installations dans le sous-sol au regard, notamment, de l’éventualité d’une fuite d’eau ou de gaz dans une conduite voisine ?

Le Collège peut-il, en toute hypothèse, puisque la porosité des canalisations d’égouts a, manifestement, contribué à la survenance de l’explosion, nous confirmer que l’état déplorable des canalisations d’égouts et les risques subséquents qui en découlent résultent de l’absence totale d’investissement (pas une euro) de la part des communes, y compris de Woluwe-Saint-Pierre, dans l’entretien ou la réfection des ces canalisations, des années ’50 à la cession des ces canalisations à HYDROBRU au début du 21ième siècle, HYDROBU n’ayant pas encore pu, à ce jour, combler ce retard, pour des raisons financières évidentes ?

Le Collège pourrait-il nous indiquer quelles mesures il compte prendre, de manière directe ou indirecte (par exemple, via les intercommunales) pour remédier à une situation qui, sans tomber dans un catastrophisme irréfléchi, est, quand-même, inquiétante, afin de s’assurer que les habitants en surface ne vivent pas sur une poudrière ou une bombe à retardement ?

Le Collège pourrait-il, par ailleurs, nous dire ce qu’il entend entreprendre pour veiller à une meilleure stabilité du sous-sol woluwéen, ce qui ressort clairement de sa responsabilité ?

Le Collège ne considère-t-il pas qu’il serait peut-être opportun de saisir la balle au bond, d’agir de façon préventive et de lancer un véritable débat approfondi, par exemple au sein d’une commission, associant responsables politiques locaux, opérateurs concernés, professionnels et citoyens sur la sécurité et les mesures à prendre en vue de sécuriser tout ce qui est ou a été posé dans le sous-sol sampétrusien (conduites de gaz, égouts, câbles électriques, etc.) ?

Pour le groupe ECOLO
Pascal Lefèvre, Conseiller communal